Apres 600km de pampa et un ciel irreel, une ville, El Chalten. Une ville qui resemble a un decor de carton pate avec ses maisons dissemblables toutes aussi neuves les unes que les autres. Elles ne s'accordent ni entre elles ni avec le paysage mais semblent plutot avoir ete posees la par hasard.
Il est 23h30, la nuit camoufle le magnifique panorama que nous decouvrons le lendemain, en sortant de la tente. Des sommets aceres dominent la vallee ensoleillee et ecrasee par le vent.
Deux nuits et nous partons a la decouverte du parc naturel Los Glaciares. Des arbres verts et or abritent un cimetiere de brabchage noircis par le temps. Au bout de 3h30 de marche, nous plantons la tente et nous nous lancons dans l'ascension du du dernier sentier, le plus difficile. 1h30 de montee nous conduit aux irreelles couleurs des lagunas de los tres.
Jusqu'ici, vous pourriez croire a une veritable aventure, a deux, campant dans les bois de l'immensite argentine. Il n'en est rien. Des centaine s de campeurs deferlent chaque annee sur les flancs des monts patagons. La plupart respectueux, d'autres en groupes bruyants... La solitude patagonne n'appartient bel et bien qu'aux memoires, une deception attenuee par la splendeur de paysages, ou les arbres morts s'allient aux vivants, tordus par le vent et eventres par la foudre, pour recreer un paysage digne d'une epopee de Tolkien.
Quelques jours dans ce parc puis nous prenons la route, en bus. Nous avons momentanement abandonne le stop en ces coins recules ou il est possible de se retrouver depose au milieu de la pampa et de devoir attendre plusieurs jours avant qu'une voiture passe et ne vous prenne. Nous sommes donc arrives a El Calafate en compagnie de Paula et Pablo, deux Argentins de Buenos Aires avec qui nous faisons un bout de chemin.