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Prénom Servane & Vincent
Age 27
But du voyage Tourisme
Date de départ 17 octobre 2007
Nom Rivoal & Bizien
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Durée du séjour 7 mois
Nationalité France
Description
sur les routes de l amerique du sud
Note: 4,7/5 - 74 vote(s).



Epilogue

 02-05-2008 -  Chili

Un peu triste, un peu bizarre, un peu fatigue, un peu seul, un peu de tout, un peu de rien, un peu de barbe, un peu de ventre, un peu soif, mais ca c'est pas grand chose compare a

Beaucoup de bonheur, beaucoup de rencontres, beaucoup d'amis, beaucoup appris, beaucoup ressenti, beaucoup vu et beaucoup compris dans ce voyqge a l'autre bout du monde pres de ma doudou qui a du supporter mes humeurs parfois... pas de mot, il vaut mieux et aussi tout cela que l'on ne verra sans doute jamais.

Notre tente sentant bon le plastique renferme, ce rechaud qui a coute si cher, ces popottes faites n'importe ou et n'importe quand avec ce qu'il y avait... L'auto stop pour les plus courageux, le bus pour le calme et la tranquillité du parcours et bien entendu cette langue que j'ai apprise et qui restera a jamais dans un coin de mon esprit...

Tous ces copains et copines avec lesquels nous avons partage un petit bout de route, un periple aux milles facettes.

Une page va se tourner, l'avion a decolle, laissant une partie de moi au sommet de ces montagnes, le regard perdu, pose sur la terre de feu, les murs incas et le pacifique...

Le Nouveau Monde me dit adieu, je lui tourne le dos, m'envole et ferme les yeux.


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Chiens d'ici

 29-04-2008 -  Chili

Pour un Sud Americain, se debarrasser d'un chien ou de ses organes reproducteurs releve de l'atrocite pure et simple. Pour avoir parle avec des Argentins de la maniere dont cela se passe en France, nous savons que beaucoup preferent assister a l'envahissement de leurs rues par la race canine plutot que de supporter l'idee de la castration ou de l'euthanasie. Et c'est exactement ce qui se passe ici : des milliers de chiens errants ont envahi le Chili, pour ne citer que lui. Rien qu'a Valparaiso, on en denombre 25.000, arpentant les collines a la recherche d'un os a ronger ou d'une main pour les caresser. Bizarrement, ce ne sont pas des maigrichons galeux qui se groupent sur les trottoirs mais plutot des chiens souvent gras, qui ressemblent a s'y meprendre a des chiens de races ou qui au contraires sont de curieux metissages : des bergers allemands courts sur pattes ou autres curiosites... Ce qui donne lieu a des regroupements heteroclites et amusants dignes de La Belle et le Clochard. Heureusement, ces habitants des ruelles sont pour la plupart affectueux et craintifs, ce qui leur vaut d'adopter parfois un drole de comportement. Ainsi, quelquefois, un chien a qui vous avez adresse un regard ou que vous avez vaguement caresse se met a vous suivre partout, allant meme jusqu'a vous attendre a l'entree de la boutique dans laquelle vous etes entres. Il est d'ailleurs amusant d'observer ces attroupements devant les portes des tiendas, quatre ou cinq chiens qui attendent fidelement le retour de leur maitre d'un jour. Et puis, on ne sait pourquoi, vient un moment ou ils vous abandonnent, pour un autre passant ou une poubelle bien garnie.

Bien que ces toutous ne soient generalement pas agressifs, il arrive qu'ils s'en prennent aux humains et notamment aux cyclistes, aux motards - je dois avouer que le spectacle d'une dizaine de chiens furibonds poursuivant des carabineros (les policiers ici) a moto nous laisse rarement indifferents - et generalement a ceux qui portent un uniforme.

En fait, les chiens font reellement partie du paysage chilien et il serait peut etre dommage aujourd'hui de vouloir les supprimer meme s'ils representent un reel probleme (Car imaginez 50.000 chiens errants dans les rues de Paris...). Je crois que perdre ces chiens reviendrait  a perdre un peu de son ame pour le continent sud americain, et a se rapprocher un peu plus - le Chili est en bonne voie - de l'aseptie tant louee par les Europeens. Mais c'est tellement simple de dire cela et de vivre ailleurs...


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Villes

 29-04-2008 -  Chili

Les grandes villes ne plaisent pas a la plupart des gens que nous croisons. A Vincent non plus. Mais a moi si! J'aime l'animation perpetuelle qui fait que s'asseoir sur un banc et regarder les gens qui passent constitue une activite a part entiere. Un mendiant tres age aux yeux bleus percants qui vous interpelle pour vous souhaiter un bon voyage. Une vendeuse installee devant son etal de coupe-ongles, torchons et briquets. Des chiens qui bousculent les passants. Les chats de toutes les couleurs des cerros de Valpo. Des gens. Presses, souriants, concentres, agaces, nonchalants...Des visages. D'enfants, de femmes et d'hommes, lisses, creuses, rayonnants, menacants... Qui defilent toute la journee. J'aime La Paz, Santiago et Valparaiso, des villes cosmopolites dans lesquelles chaque quartier est un nouveau monde, des villes ou des hommes d'affaires cravates et silencieux cotoient sans cesse des vendeurs ambulants hurlant, ou d'immenses centres commerciaux aseptises jouxtent de grands marches vivants et plein d'odeurs.

Mais je vais avec plaisir retrouver ma campagne et mes chevaux, la vue sur les collines et le calme de mon village.


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Reserva nacional Altos de Lircay

 25-04-2008 -  Chili

Apres avoir retrouve Alex et Hugues a Temuco, nos amis francais rencontres sur la Carretera Austral, nous avons passe quelques jours tranquilles entre promenades en ville, parties de poker et soirees arrosees au vino tinto. Nous avons ensuite pris la route du parc national Altos de Lircay, histoire de faire une derniere randonnee avant de quitter notre bien aime Chili.

Beaucoup de contraintes pour y arriver et planter les tentes de nuit mais cela en valait largement la peine... Apres plusieurs heures de randonnee dans la foret - assez epuisantes - , nous avons atteint un plateau de basalte dominant la cordilliere des Andes, epoustouflant!

Aujourd'hui nous voila a la derniere etape de notre periple avant l'ultime, Santiago!


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De Futrono a Villarica

 13-04-2008 -  Chili

De Punta Arenas, nous sommes arrives a Osorno puis avons pris la route de Futrono, charmant village situe au bord d'un lac , ou les magasins de vetements a la mode cotoient des cavaliers en ponchos et des meneurs de charettes. Deux nuits dans une hospedaje douillette avant de nous diriger vers Valdivia, grande cite chilienne au confluent de trois rivieres et a deux pas du Pacifique. Apres avoir passe beaucoup de temps a trouver un logement bon marche, c'est finalement dans le jardin d'une modeste pension que nous plantons notre tente. Sur le chemin du centre ville, nous croisons par hasard notre ami Suisse, Florent, rencontre a Torres del Paine, qui va decouvrir la ville avec nous. 

Valdivia est une ville agreable et agitee, qui abrite d'interessants musees, notamment el museo contemporaneo et un marche aux poissons ou viennent se goinfrer d'enormes otaries gourmandes, attirees par les restes que leur jettent les pecheurs. C'est un spectacle aussi amusant qu'etonnant que de les regarder, tant ces animaux sont enormes et gloutons. Valdivia est aussi celebre pour sa biere, la Kuntsmann, que nous nous sommes empresses d'aller gouter a la source, la cerveceria.

Apres deux jours, nous avons repris la route en stop, celle de Coñaripe. Mais le chauffeur nous ayant mal compris, nous sommes arrives a Villarica, a 75 km de notre but initial... Cela dit, Villarica est une belle ville au bord d'un lac et dans l'ombre d'un volcan du meme nom, encore en activite.

 


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Derniere nuit en Patagonie

 09-04-2008 -  Chili
Castor confit et araignee de mer en crepe de legumes ont delicieusement garni nos assiettes la veille de notre depart de Punta Arenas. Nappes blanches, serveur aux petits soins et musique douce : un restaurant ruineux! C'etait notre deuxieme et derniere folie culinaire chilienne, la premiere remontant au mois d'octobre alors que nous visitions Valparaiso. Nous y avions celebre le commencement de notre aventure, c'est a Punta Arenas que nous en avons fete la fin! Ce lieu non fumeur ne nous ayant pas permis d'assouvir nos besoins nicotiniques, nous allons boire une biere un peu plus loin apres cet original et succulent repas. Changement de decor. Nous quittons l'Europe pour revenir en Amerique Latine. Lumiere bleutee et comptoir crasseux, trois ames peuplent ce lieu dont les deux tenancieres. Le sol est un inimitable patchwork constitue des linoleums uses et superposes au fil des ans. Nous buvons notre Cristal dans des verres douteux en regardant la serveuse passablement ivre se prelasser aux cotes de l'unique client. Les toilettes sont d'une salete abominable et leurs loquets casses, Vincent croit pourtant qu'elles sont equipees de l'allumage automatique. Jusqu'a ce que je lui dise qu'a chaque fois qu'il s'y rend, l'aimable et ronde patronne lui court apres pour, une fois qu'il est entre, se jeter sur l'interrupteur exterieur... et tout ca sans qu'il ne s'en rende compte! Nous restons un moment, le temps d'apprecier une seconde bouteille de biere au son de la cumbia, c'est notre derniere nuit en Patagonie.

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Punta Arenas

 06-04-2008 -  Chili

Quatre nuits a Torres del Paine puis deux a Puerto Natales afin de recuperer et notre sommeil en retard et les calories perdues sur les sentiers du parc (meme si ces dernieres sont loin d'etre indispensables!).

Nous voici desormais a Punta Arenas, vaste port au bord du detroit de Magellan, grand rassemblement de batisses colorees, de batiments militaires et de demeures coloniales. Cinq jours ici en attendant lundi, pour 27 heures de bus jusqu'a Puerto Montt. Notre itineraire austral prend fin ici, au milieu du quadrillage urbain - ici toutes les rues forment paralleles et perpendiculaires, l'urbanisme a , on ne sait pourquoi, resiste a la fantaisie sud-americaine - foule, entre autres, par d'innombrables chiens errants et de nombreux hommes de la rue dont la vie semble s'etre echouee ici. Un climat sensiblement identique a celui de chez nous, quoiqu'a demultiplier quant a l'intensite du vent, et la proximite de l'ocean expliquent sans doute la presence d'un grand nombre de bars et pubs en centre-ville, et de ces endroits dont on prefere ignorer ce qu'il s'y passe derriere les lourds rideaux et les carreaux opaques...

Alors, en attendant lundi, on reste au chaud, assis dans de gros fauteuils plonges dans un roman ou dans un bon film, ou bien on se promene le long du fameux detroit en repensant a ces histoires d'albatros assassins, pour finir attables devant une schop d'Austral accompagnee d'un completo degoulinant. Hier, nous avons ete au theatre et ce soir une assiette de salade de castor constituera peut-etre notre diner.


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Torres del paine. deuxieme partie

 02-04-2008 -  Chili
Nous voila arrives le quatrieme jour, la fatigue a gagne nos muscles et le froid ne nous aide pas. Nous prenons la route en direction du campamento de los torre a 6 heures de marche de la. Le temps est degage, le soleil nous rechauffe petit a petit, il n'est pas tot mais nous pensons arrives a destination pour la fin de l'apres-midi. Pres de 3 heures de marche plus tard, les gros sacs sur le dos, nous nous arretons pour dejeuner notre fameuse soupe a la semoule, quel bonheur! une heure plus tard, nous nous remettons en route, interrompus ca et la par le chant du pic de Magellan, picorant sur les arbres ou par le vol lointain d'un condor majestueux. Finalement, nous parvenons au camping, extenues, mais contents d'etre arrives au bout de cette avant-derniere journee. Nous plantons la tente, j'allume un feu, nous prenons une douche tres chaude et dinons devant le jeu des flammes. Le lendemain, le lever est prevu pour 5h30, selon la carte nous devrons trotter 11 heures environ, on a un peu peur.C'est a peine l'aube, le feu rallume, nous avalons notre petit dejeuner, le moral est la mais la fatigue est devenue notre fidele compagne, le temps est degage, le soleil a quand meme du mal a trouver son chemin parmi cette couche nuageuse au loin. Nous atteignons le mirador 3 heures plus tard, un record puisque normalement il nous fallait encore deux heures pour y parvenir! Les Torres sont cachees par les nuages, on apprend qu'au petit matin elles etaient visibles, tout ca pour ca, mais non, nous ne sommes pas decus, nous savons que nous sommes proches de la fin. Il nous faut a ce moment redescendre, et sur le chemin nous croisons tous ces gens dans les yeux desquels on peut lire:"pourvu que le ciel se degage". Nous arrivons au terme de cette croisade matinale vers 14 heures, en pensant acheter quelques biscuits dans la seule epicerie de luxe du campement, heureusement fermee puisqu'un homme nous interpelle a ce moment,en nous demandant si nous nous rendons a l'administration pour prendre le bus de 14h30. Nous lui repondons que nous prendrons celui de 20h. Et la, derniere frayeur, il n'y a plus de bus qui partent a 20h depuis hier, nouvelle saison, nouveaux horaires. Il nous depose au camping, nous avons 5 minutes pour plier la tente et faire nos sacs, nous qui pensions boire un chocolat bien chaud et nous reposer avant le depart du soir. 7 minutes plus tard, nous rattrapons la navette qui nous emmene a notre point de depart, voila 5 jours . Le bus est la, meme chauffeur, quelques visages croises au detour de certains chemins, des gens fatigues, mais heureux de l'avoir fait," le double v". Nous sommes sains et saufs, nous avons dormi dans un vrai lit au chaud comme a la maison et pouvons manger a notre guise tout ce que bon nous semble. Aujourd'hui, il pleut et je plains les gens qui ont decide de commencer l'aventure ce matin. Pour nous les torres sont deja loin, demain nous prenons la route de Punta Arenas et devinez quoi? en stop!!!

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6h30, lever matinal sur nos pieds, petit dejeuner sur le pouce et sacs alleges pour le trek sur nos dos. Nous voila enfin prets a entamer l'aventure qui va durer 5 jours. Le bus nous depose a l'administration ou nous payons la douloureuse somme de 20 euros par personne.De nos jours, Dame Nature ne devoile ses plus beaux secrets qu'en echange de retribution... Nous poursuivons avec notre bus durant une petite heure jusqu'a l'administration du sud du parc ou nous commencons la marche. Le vent souffle a 50km/heure, il est fatiguant puisque continu, nous sommes les seuls, tous les autres voyageurs ont pris le bateau qui les emmenent au premier camping ou nous arrivons 6 heures plus tard. Fatigues mais heureux d'avoir combattu les elements sur une magnifique plaine, le regard pose sur los cuernos (les cornes), composes de deux roches differentes, suite a la rencontre des plaques du sud et du nord du continent. Nous campons la et las de notre premiere journee, notre esprit est desormais tourne vers le franchissement du "W"(nom donne au circuit que nous projetons de faire ). Le lendemain, reveil au petit matin, le sac de randonne sur les epaules et nous commencons la grimpe du premier col, 3 heures et demie plus tard, nous atteignons El glaciar Grey, ou nous nous reposons durant une bonne heure. Un spectacle splendide s'offre a nous, il y a des dizaines de glacons de taille totalement differente, flottant la, sous le soleil, certains sont bleus menthol, d'autres plus clairs car moins epais, toujours seuls ou presque nous veillons sur ces geants de glace. Nous repartons, reposes, pour 3 heures de marche, et approchons du camping que nous avions quitte le matin, le vent est calme et le soleil s'en va pour la nuit. Nous dormirons tres mal puisque trois jeunes ont decide de boire plusieurs litres de vin et n'ont trouve qu'un seul moyen pour rejoindre leur tente, passer pres de la notre, tout en se prenant les pieds dans les cordes!! Je les menace de leur donner la fesse, ils partent se coucher. Le lendemain, nous plions la tente et faisons nos sacs, je recois des excuses pour la veille et nous partons en destination du campamiento italiano, 2 heures de marche, faciles sous un temps toutefois legerement maussade, nous atteignons le campement ou nous posons la tente, dejeunons notre soupe a la semoule et preparons le pique-nique pour l'apres-midi, une portion de pates a la sauce tomate. Il ne va pas sans dire que ces plats seront les seuls auquels nous gouterons pendant les 5 jours. Nous commencons a monter le sentier, sous une pluie fine de plus en plus dense et reguliere, un couvert forestier nous permettant tout de meme de nous tenir relativement au sec. Nous nous arreterons deux heures plus tard pour manger, le froid nous glacant l'echine, la pluie nous ruisselant sur les tempes, nous sommes creves, nous ne monterons pas jusqu'en haut. IL y a un mirador qui permet d'admirer El valle frances, nous l'avons vu de plus bas, certes elle est belle mais nous devons redescendre, economiser nos forces, menager notre equipement qui se resume a peu de choses. En redescendant nous croisons un suisse, Florent, il voudrait monter, finalement il prefere discuter, il descend avec nous, nous buvons le the en degustant quelques carres de chocolat... chilien. Une nuit froide et humide ne nous laisse aucune chance de nous reposer convenablement, ce n'est qu'au petit matin, plus chaud, qu'il nous est permis de rever un peu et de commencer a penser a la journee qui sera encore bien chargee. Nous sommes le quatrieme jour, nous avons deja parcouru 50 kilometres en trois jours, pres de 20 heures de marche, le moral est toujours la, les jambes nous tiennent encore debout. Certains sont tombes, se sont foules la cheville, un autre a entendu le muscle de sa cuisse se dechirer, des corps retrouves congeles, prisonniers des glaces... Un parc aux dimensions des Dieux, grand, prenant et dechirant a la fois, nous finirons coute que coute cette aventure, dans quel etat?, nous ne le savions pas encore.

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Blog a part IV

 27-03-2008 -  Chili

Un voyage, que dis-je, une aventure sans limites, un pouvoir de se mouvoir ou bon nous semble, dans les endroits les plus pittoresques quI soient, l' esprit en quete de quietude, de recherche, de savoir, d' apprentissage des langues et plus precisement du castillan sous toutes ses formes. Nous l 'apprenons a la mode peruvienne, bolivienne, chilienne et argentine, tout cela sans frais de scolarite, fait bien chanceux lorqu' on voit la difficulte de certains peuples a apprendre a compter ou a lire. J 'aime apprendre et comprendre pourquoi il est necessaire de developper sa raison face au nouveau, a l' irreel parfois.

Parfois, quand la machine que l 'on me loue pour l' heure me le permet je passe rapidement sur les actualites francaises et etrangeres, je m' envole et suis choque, rien n'avance, tout recule, une bombe politique a retardement: manifestations au Tibet pour le boycott des jeux olympiques, soutien au dalai-Lama, Monsieur Sarkozy dans les jupons de sa majeste Elisabeth II, le prince Harry de retour de sa campagne militaire en Afghanistan et a nouveau le president s 'epanouit dans un effort de guerre dans ce meme pays, aventure collegiale de l OTAN, preuve de sa bonne volonte de faire regner la France en maitre dans un monde ou le sens du mot humanitaire n 'a plus de fond, seule l'image qu on lui donne a de l 'importance. A quoi cela peut bien servir de depecher des contingents dans des pays en affrontement continu si ce meme pays organisateur est son premier fournisseur d 'armes destructrices. Une region d' Afrique detruite par des guerres sanguinaires, sang verse par les missiles vendus par les Dieux d 'Europe et plus particulierement la France... Conflit israelo- palestinien, des morts tous les jours dans la bande de Gaza, on s 'interesse de savoir d'ou viennent les bombes, aucune surprise. Puis on nous parle d' arrangements politiques, de traites de paix, de grands manifestes d 'hommes elus, de chefs d 'etats a la conscience tranquille, ceux-la memes qui soutiennent les firmes de production des "batons qui crachent le feu "sur leur propre territoire! ne vaudrait il pas mieux distribuer du poison mortel aux gens qui se battent contre la guerre et laisser les gens qui font la guerre, en paix?

J'en ai fini et je tourne la page des actualites et que vois-je, une femme a accouche de 18 enfants, c'est beau et ca change de ton, enfin une bonne nouvelle! Si seulement nous pouvions tous les jours ne voir que ces choses la. Une baleine recueillie par une famille de pecheurs qui les suit partout dans son bassin roulant, le temps de sa longue convalescence ou un pinguouin de Magellan, entraineur d'une equipe de natation dans la Creuse, en voila des news mais non, il nous faudra attendre encore une eternite avant de pouvoir se delecter reellement, le nez devant le poste de television.

En tous les cas, je remercie le monde de m 'offrir tout ce qui m est permis de voir aujourd hui, et non pas ces agences touristiques qui me font croire que je pourrai en voir de plus belles si je leur achetais un billet... La Nature est belle aux 4 coins du globe, l 'Homme est bon si son ami le lui dit et l 'avenir sera clement si nous cherchons le bonheur dans l 'equilibre et non pas dans le funanbulisme, un pied dans le vide et l 'autre sur la corde tendue au dessus du precipice...

Je suis sur la route, mes pas sur le sable, le soleil dans les yeux et ce souffle dans les oreilles

Je suis sur la route et rien ne presse, le sable s' envole et mes yeux se levent

Je suis sur la route et le vent est loin, les nuages sont hauts et mes oreilles n entendent plus rien

Je suis sur la route, je le sais, je le sens, mon ame et mon coeur ne font qu'un

Je suis sur la route, je vous souris et vous attends sur ce  chemin


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En route vers l'Argentine

 15-03-2008 -  Chili

Quatre nuits passees a Coihaique, soirees belote et vin chilien avec de sympathiques Francais... Le depart fut moins enchanteur puisque 6 heures nous ont ete necessaires pour parcourir 75 km, jusqu'a Villa Cerro Castillo : rencontre avec un camionneur pretendant avoir 28 ans et en paraissant reellement 50, partage d'une remorque a bois avec deux autres autostoppeurs, arrivee au crepuscule dans un camping semblant n'etre habite que par des chiots et des poules, et enfin decouverte d'une hospedaje chaleureuse dont la maternelle proprietaire nous a ouvert la cuisine chauffee au feu de bois.

La chance nous a souri a nouveau le lendemain. A 8h30, un Santiaguino et un Francais nous emmenent jusqu'a Puerto Ingeniero Ibañez ou nous devons prendre le bac jusqu'a Chile Chico.

Nous y arrivons a 9h, le bateau partant a 10, le temps ne nous manque pas mais nous n'avons pas de billet. Une conversation avec deux Argentins est entamee, le plus loquace des deux va parler avec le capitaine : il faut acheter les billets dans le bureau du centre-ville. Vincent s'apprete a partir a pied mais l'Argentin le rappelle: "¡Vamos a llevarte con el coche!" Ok! En attendant j'ai le plaisir de faire connaissance avec Lionel Barrios, un homme d'une soixantaine d'annees qui veut absolument que je le photographie, lui, le gaucho comme il aime a se decrire, c'est notre premiere rencontre avec l'Argentine! Alors il pose devant le lac, tres heureux d'apprendre que sa photo va apparaitre quelquepart sur la toile. Entre temps, Vincent a eu le temps de revenir chercher mon passeport accompagne du compatriote de Lionel. Finalement, 10 mn avant le depart du bateau, ca y est, nous pouvons enfin monter.

Il est 12h30, nous arrivons a Chile Chico, a quelques kilometres de la frontiere argentine.


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Vive la vie de routard et ses turpitudes: aujourdhui, plus de bus, nous nous deplacons en stop, a moins qu il n'y ait un reel besoin, une urgence... Ici faire du stop se dit hacer dedo, bien sur, c 'est pas vraiment la joie tous les jours comme l 'a dit Servane, il nous faut parfois poireauter des heures pour nous rendre au village d'a cote mais bon, on n'a rien sans mal et surtout a 15.000 km de son confort. Que de rencontres, que de surprises, bonnes et mauvaises, enfin seulement si vous etes a bord du vehicule, sinon c'est plutot l'excitation les premieres 20 minutes puis s'ensuit une periode de reflexion sur votre condition d'auto stoppeur, stoppe la, et les moments qui suivent sont plutot des moments ou tout peut se passer dans votre esprit: rage, reverie qui vous fait oublier de tendre le pouce: "Ah! toi non plus t 'as pas mis le pouce, c' est pas grave, y en aura d'autres... ou pas."

Alors voila, introduction faite, nous vous proposons grace a cet article de comprendre un peu mieux le sens de la signaletique utilisee par certains automobilistes de l 'Amerique du Sud, ceux qui ne s'arretent jamais mais vous font un p'tit geste, tout de meme!

A present regardez les photos, lisez les legendes et comprenez qu il n 'est pas toujours evident de se deplacer ainsi...

J'espere que ce mini guide du voyageur auto stoppeur vous aidera mes amis a vous simplifier la vie et si vous connaissez d'autres gestes, n'hesitez pas a nous les faire connaitre.

 

Un grand merci a Hugues et Alexandra pour leur collaboration active et sans faille!


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En route, mauvaise troupe...

 10-03-2008 -  Chili

Une fois n'est pas coutume, nous avons rencontre un couple de Venezueliens , Edgar et Frances, ma foi tres gentils et tres divertissants. Nous avons passe la soiree au camping la Violetta a Chaiten puisque le stop n'avait pas fonctionne (4 heures d'attente quand meme), a se raconter des vieilles histoires de campeurs qui font peur, avec extraits de films a l'appui , et tout ca en espagnol bien sur, quelle vie! Le lendemain, malgre les relents de pisco, alcool national, nous avons plie bagages et pris la route pour le meme endroit que la veille pour "stopper" quelqu un... Et vous pensez evidemment que cela a fonctionne, par chance et bien non , 3 heures d attente, un groupe de touristes hysteriques qui se met deux cent metres devant nous une heure apres notre arrivee...De quoi vous enerver enormement mais les gens qui me connaissent sauront que je sais garder mon calme... Bref, nous avons remis les sacs sur nos dos uses et abimes par les heures de marche de la veille. Apres plusieurs heures de portage sur bitume, 15 kms plus loin, apres maintes tentatives, plusieurs gestes inconnus de la part des automobilistes, nous avons finalement arrete un bus. Quelle joie de s'assoeir sur un siege! Nous sommes arrives une heure plus tard a Villa Santa Lucia, village que l'on peut qualifier de vraiment tranquille, en somme rien ou presque. Apres que la doyenne du camping nous a demande si nous etions Israeliens, nous avons pu monter la tente dans le jardin de son magasin ( en effet, les Israeliens souffrent ici et dans plusieurs pays d'Amerique du Sud d un racisme grandissant, a suivre...). Le lendemain, apres avoir essuye une nuit de pluie incessante et un exces de zele de la part de notre chien de garde provisoire, nous avons commence note rituel du pouce leve, et bien haut svp, pas de faineant dans ce metier!! Premiere voiture qui passe, nous montons et c'est parti pour 3 heures jusqu'a Puyuhuapi, haut lieu de la peche a la mouche. Il est vrai qu'une ou deux journees de peche auraient pu etre vraiment divertissantes, surtout a 75 euros la journee mais notre itineraire ne doit pas souffrir de digressions inutiles alors nous avons continuer la route jusqu au parc de Queulat. Une route d'a peine 25 kms, les doigts dans le nez et 3 heures, apres nous y arrivons enfin, quelle performance, encore une fois. La tente montee sous la pluie, une soupe et au lit mais quel froid cette nuit la. On nous aurait donner le choix entre un lit breton et une tente chilienne... Le lendemain, escalade du sentier du Venstiquero Colgante, un glacier perche et coince entre deux sommets enneiges qui coule et s'ecoule dans un lac aux eaux vertes, un spectacle ravissant et pour les plus chanceux, en live des chutes de gros glacons et tout cela dans un fracas extraordinaire. Retour au campement, les affaires sont seches, des pates a la tomate (tout le paquet s'il vous plait), les sacs sont prets... Nous sortons du parc, remercions le guardaparque, saluons les nouveaux venus et nous retrouvons notre poste: le bord de la route, l'auto stop est surement le plus vieux metier du monde qui s'exerce au bord des routes apres bien sur le ramassage de paquerettes sauvages... Un quart d'heure plus tard et la chance nous attrape encore une fois dans un pick up en compagnie de 3 jeunes chiliens. Trois heures plus tard, nous arrivons a Coyhaique, la grande ville de la Patagonie du nord avant le Grand Rien de la route australe... Et devinez quoi? demain, nous repartons sur le bord de la route faire du...


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A la naissance de leur fils Douglas dans les annees 1940, les Tompkins etaient loin de se douter que leur fils deviendrait l'heureux proprietaire de plus de 5000 km2 de terres patagonnes. C'est a l'age de 18 ans qu'il decouvre sac au dos cette contree desolee et qu'il en tombe amoureux. Apres avoir cree les marques Northface et Esprit, il les revend et les benefices lui permettent d'acquerir ces hectares au Chili afin, entre autres,de preserver la zone de la deforestation. Douglas Tompkins souhaite aujourd'hui etre naturalise Chilien mais il continue d'alimenter la polemique. Nombreux sont ceux qui s'inquietent pour la souverainete du pays car les territoires de Tompkins forment une zone privee qui coupe le pays en deux... D'autres pretendent qu'il souhaite s'enrichir encore en vendant en bouteilles l'eau des glaciers de sa propriete...

Cependant il suffit de marcher quelques kilometres dans le Parc Pumalin (la zone nord de la propriete, convertie en parc naturel gratuit) pour s'assurer des objectifs de Tompkins. Tout est mis en oeuvre pour que les visiteurs profitent au mieux des attraits du parc et y respectent l'environnement. Nous avons rencontre plusieurs personnes travaillant pour lui (paysagistes, agents d'entretien, gardien), assurement heureux de faire ce qu'ils font, convaincus de la reelle preoccupation ecologique de leur employeur.

Le parc Pumalin est une immense foret pluviale ou serpentent torrents et ruisseaux, ou des sentiers alternant ponts suspendus, passerelles et echelles de bois menent a d'imposantes cascades ou a des lacs aux eaux limpides. Y vivent colibris, pudus (un petit cervide chilien) et pumas entre autres.

Apres y avoir passe quelques jours, nous avons repris la route pour descendre un peu plus, doucement mais surement, en stop toujours.


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Le bout de la route

 02-03-2008 -  Chili

Nous voici arrives a Quellon, au bout de la route. La panamericaine commence a Fairbanks en Alaska et prend fin ici, sur l'ile de Chiloe, une longue bande asphaltee de 22000 km de long deroulee dans douze pays.

Quellon est aussi le theatre du bout des esperances pour certains. Autrefois repaire de pirates, c'est aujourd'hui un port ou l'ivresse rencontre les tristes sorts. Alors que nous campons face a la mer dans un joli coin de verdure, beaucoup dorment dehors, dans les parcs et les rues, assommes par des nuits emplies d'alcool. Nous retrouvons sur le quai ce matin tous ceux dont la bouteille a gache la nuit. Il est 7h30, nous n'avons pas dormi beaucoup mais sans doute mieux que ceux que nous voyons passer, titubants personnages aux yeux vitreux, aux vestes maculees de l'herbe et de la poussiere du coin ou ils se sont endormis.

Nous quittons aujourd'hui les facilites de la ruta 5 pour prendre la mer. Nous attendons le bateau cense nous ramener sur le continent, a Chaiten. A 8h nous avaient-ils dit. Pero no olvidemos que estamos en America del Sur... Nous ne partons qu'a 11h45.

Aujourd'hui, je voudrais voir des baleines bleues, un oiseau qui s'est perche l'espace d'un instant sur mon genou m'a laisse croire que tout etait possible.

Maintenant il est 19h, nous sommes arrives a Chaiten. Nous avons eu beau scruter l'ocean, nous n'avons rien vu d'autre que de petits monticules blancs et mouvants formes par l'ecume, comme dans toutes les mers du monde.


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